Le “Silence radio”, un risque réputationnel en temps de crise

by Open2Europe | Fév 17, 2026 | Corporate & réputation, Relations presse & médias, Social media & digital

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Open2Europe est une agence européenne de communication globale qui accompagne les marques dans leur développement grâce à une expertise intégrée en relations presse, communication digitale et influence.

Souvent présenté comme un choix stratégique, le silence en temps de crise est traditionnellement perçu comme une prise de recul : attendre de disposer de tous les éléments avant de communiquer peut donner une impression de maîtrise et de prudence. Pendant longtemps, certaines entreprises ou personnalités ont ainsi préféré ne pas commenter une polémique, estimant que la retenue valait mieux qu’une prise de parole maladroite susceptible d’aggraver la situation.

Mais dans un écosystème dominé par l’immédiateté, les réseaux sociaux et l’information en continu, la stratégie du « silence radio » apparaît de plus en plus inadaptée. De là à parler d’une communication dépassée, il n’y a qu’un pas.

L’absence de réponse… est en soit une réponse

« Le silence crée sa propre histoire. […] Dès que vous laissez un vide, les gens le rempliront pour vous. Si c’est votre crise, vous devez parler. » Cette analyse de Michele Ehrhart, experte américaine en communication de crise, résume parfaitement les risques auxquels s’exposent aujourd’hui les organisations. Depuis les années 2010, l’opinion publique est devenue plus active, plus réactive et plus visible. X, Instagram ou TikTok concentrent l’attention et accélèrent la circulation de l’information. Les internautes commentent, détournent et amplifient en temps réel via des tendances, des vidéos virales ou des prises de parole instantanées.

Dans ce contexte, l’absence de réponse peut provoquer un emballement médiatique et nourrir des dynamiques algorithmiques défavorables. Le « no comment » est souvent interprété comme un refus d’assumer la situation, voire comme une forme de mépris à l’égard du public. Du point de vue des relations presse, le constat est clair : ne pas répondre, c’est laisser les journalistes raconter l’histoire à votre place. Le silence devient alors une information en soi.

Quand le silence alimente la controverse

Les exemples récents illustrent largement ce phénomène. Le bad buzz autour de la campagne d’American Eagle, mettant en scène l’actrice Sydney Sweeney, en est un cas emblématique. Un jeu de mots jugé sensible a suffi à déclencher une polémique largement amplifiée sur les réseaux sociaux. La marque, n’ayant pas anticipé la controverse, a tardé à réagir, laissant la discussion s’installer. L’actrice elle-même reconnaîtra par la suite que son silence « n’a fait qu’élargir le clivage, pas le réduire ».

D’autres entreprises, en France comme à l’international, ont connu des trajectoires similaires, où l’absence de prise de parole a contribué à accroître la visibilité et l’intensité de la crise.

L’entreprise minimise, l’écosystème trinque

Le silence ne fragilise pas uniquement la relation avec le public. Selon un rapport de septembre 2025 publié par Amra And Elma LLC, 72 % des consommateurs attendent d’une marque qu’elle réagisse dans les 24 heures suivant une crise. Ne pas répondre revient donc à prendre le risque de se mettre à dos une partie significative de ses clients.

Les partenaires ne sont pas en reste. Une étude de l’IFOP révèle que 49 % des décideurs en France mettraient fin à une relation commerciale avec une organisation qui ne réagit pas dans un délai de deux à trois jours face à un événement critique. En interne, enfin, le silence peut générer inquiétude et incompréhension. Les collaborateurs, privés d’informations, scrutent les médias pour tenter de comprendre la position de leur propre direction.

Parler ne veut pas tout dire : comment bien gérer sa communication de crise

Prendre la parole ne signifie pas tout révéler immédiatement. En revanche, disposer d’un dispositif RP solide et structuré est essentiel, même lorsque tous les éléments ne sont pas encore connus. Cela suppose notamment d’identifier un porte-parole unique, de définir des messages clairs et de planifier les temps de communication.

Une prise de parole rapide permet de reconnaître la situation, de montrer que l’entreprise agit, de devenir une source d’information fiable et de limiter les spéculations. Des points d’étape réguliers contribuent ensuite à maintenir la confiance et à démontrer le suivi.

Une communication transparente, cohérente et maîtrisée reste aujourd’hui le moyen le plus efficace de garder le contrôle d’une situation sensible. Car en temps de crise, le silence n’est jamais neutre.

Anticiper, structurer et accompagner la prise de parole

Dans un environnement médiatique marqué par la surabondance d’informations et l’instantanéité, la gestion de crise repose sur la capacité à prendre la parole rapidement, de façon structurée et adaptée aux différents publics.

C’est précisément dans ces moments que l’accompagnement en relations presse et en communication de crise prend tout son sens. Chez Open2Europe, nous aidons les organisations à anticiper les risques réputationnels, à définir des messages légitimes et à orchestrer des prises de parole cohérentes sur l’ensemble des canaux. Notre objectif est clair : permettre aux entreprises de rester maîtresses de leur narration, même dans les contextes les plus sensibles, et de préserver durablement la confiance de leur écosystème.